Le ventre, ce deuxième cerveau…(Partie II)

mai 3rd, 2016 par Did

Suite de la semaine dernière où nous avons pu constater l’influence considérable de notre flore intestinale sur ce que nous sommes. Or, force est de constater que notre mode de vie moderne n’est pas forcément le meilleur qui soit pour nous assurer un microbiote en parfaite santé : alimentation déséquilibrée trop riche en graisses et en sucres et trop pauvre en fibres, utilisation exagérée des antibiotiques, naissances par césarienne en augmentation et diminution de l’allaitement au profit de laits du commerce…tout ceci contribue à appauvrir notre flore intestinale. Ainsi, une personne sur quatre dans les pays industrialisés a un déficit en bactéries intestinales de 40%. De là, les chercheurs n’hésitent pas à tracer un parallèle avec la prolifération de maladies telles que l’obésité, le diabète, mais aussi schizophrénie, autisme, allergies, cancers ou sclérose en plaques. Sans parler des pathologies gastro-intestinales. Notons cependant que pour certaines de ces maladies, le lien de cause à effet n’est pas encore formellement démontré et une perturbation de la flore ne saurait être le seul facteur déclenchant. Mais enfin, de nombreuses études semblent aller dans cette direction. Et c’est plutôt une excellente nouvelle, car cela ouvre de nouvelles perspectives de traitements mais aussi de prévention de ces maladies.

Bien sûr, le corollaire de ce qu’on écrivait plus haut, c’est qu’il faudrait avant tout manger équilibré, ne faire usage des antibiotiques ou des césariennes que lorsqu’ils sont absolument nécessaires et privilégier l’allaitement au sein. A l’avenir, cependant, les mesures ne se limiteront pas à cela. Il sera possible de faire analyser son microbiote afin d’y détecter des anomalies et d’y remédier. A ce sujet, l’utilisation des prébiotiques et des probiotiques prend tout son sens. Les prébiotiques – dont on avait déjà discuté dans billet du 15 décembre 2013 – sont des aliments et compléments alimentaires qui favorisent le développement des « bonnes » bactéries. Une autre stratégie consiste en l’importation de nouvelles bactéries directement dans notre corps : ce sont les probiotiques. Des études suggèrent une réelle efficacité sur toutes les maladies dont on a parlé plus haut et avec l’avantage de ne présenter quasiment pas d’effets secondaires. Autre piste à l’étude, la transplantation fécale, c’est-à-dire le transfert des bactéries intestinales d’un individu sain vers un individu malade. Même si le concept peut paraître peu ragoutant, les premiers tests se sont avérés encourageants et des essais cliniques sont actuellement en cours.

Quoi qu’il en soit, il y a fort à parier que la thérapie microbiotique va prendre de plus en plus de place dans la médecine de demain. A suivre, donc.

Bonne semaine

Did

Le ventre, ce deuxième cerveau…(Partie I)

avril 25th, 2016 par Did

…est en fait bien plus que cela. Ces dernières années, la science a fait un bond en avant pour ce qui concerne la compréhension de l’impact que peut avoir notre ventre sur notre santé. Les milliards de bactéries qui composent notre flore – ou microbiote – intestinale semblent en effet influencer jusqu’à notre personnalité, notre mémoire ou encore la qualité de notre sommeil. On estime qu’au moins 10 000 milliards de bactéries de 500 à 1000 espèces différentes occupent nos intestins. Ce microbiote varie fortement d’un individu à l’autre et son impact sur ce que nous sommes est bien plus important qu’on ne le croyait. Plusieurs explications existent quant à l’origine de cette influence. A titre d’exemple, il faut se rappeler que dans nos intestins, les bactéries ne sont pas inactives : elles produisent différentes substances telles que des acides gras ou des neurotransmetteurs. Ceux-ci peuvent ensuite traverser la paroi intestinale et se retrouver dans la circulation sanguine, puis influencer l’activité des cellules dans tous le corps, jusque dans le cerveau. Ainsi, les dix dernières années de recherche semble indiquer que notre ventre influence en partie :

- Notre moral, notre anxiété et notre sociabilité : évidemment, l’éducation et la génétique sont aussi à prendre en compte. Mais de nombreuses études montrent que les troubles anxieux ou autres malades psychiques comme l’autisme ou la dépression sont souvent accompagnés de problèmes intestinaux. De plus, des expériences menées chez la souris montre qu’une modification du microbiote influence directement la résistance de ces animaux au stress. De la même manière, la présence ou non de certaines bactéries pourrait jouer sur notre humeur et même notre sociabilité. Cela peut s’expliquer par l’action que nos bactéries intestinales auraient sur le nerf vague, nerf qui relie le ventre au cerveau.

- Nos défenses naturelles et notre état de forme : la flore intestinale a une influence directe sur notre système immunitaire et, du coup, pourrait jouer un rôle sur les réactions allergiques, voire même sur des maladies auto-immunes plus graves comme la sclérose en plaque.

- Notre sommeil : le microbiote influencerait directement notre horloge interne. La mélatonine, hormone favorisant l’endormissement, est fabriquée à partir de sérotonine, elle-même produite à 95% au niveau des intestins, sous l’influence de notre microbiote. Un déséquilibre à ce niveau pourrait donc perturber la synthèse des molécules nécessaires à une bonne alternance éveil/sommeil.

– Notre mémoire et notre vivacité d’esprit : des études ont montré qu’en modifiant l’alimentation de nos amies les souris – et donc leur microbiote – on influençait directement leur capacité à venir à bout de tests de mémorisation et d’adaptation cognitive. Celles dont l’alimentation contenait trop de graisses et trop de sucres ont obtenu de moins bons résultats que celles ayant reçu une alimentation équilibrée.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais on le voit, nos intestins semblent avoir sur nos vies une influence que l’on ne soupçonnait pas jusqu’à maintenant. Les études se multiplient et tout cela pourrait déboucher sur une nouvelle manière de se soigner. Ce sont ces quelques pistes nouvelles dont on parlera la semaine prochaine.

Bonne semaine

Did

L’ectoïne : une alternative naturelle contre la rhinite allergique

avril 17th, 2016 par Did

Avec le printemps reviennent les problèmes d’allergies liés aux pollens : nez qui coule, yeux irrités, gorge qui gratte, bref…Vous qui en souffrez, vous connaissez le problème. Ces symptômes sont principalement liés à la libération d’histamine (voyez à ce sujet le billet du 4 mai 2012) et c’est pourquoi, on utilise le plus souvent des médicaments anti-histaminiques pour se soulager. En bloquant la fixation de l’histamine sur ses récepteurs, l’anti-histaminique permet d’éviter les symptômes décrits plus haut. On l’utilisera en comprimés à prendre par voie orale une fois par jour, ou localement en spray nasal ou gouttes oculaires. Généralement bien toléré, l’anti-histaminique peut cependant provoquer troubles de la vigilance et fatigue. Une sensation de sécheresse dans la bouche peut aussi occasionnellement survenir.

L’ectoïne peut être utilisée en spray nasal ou gouttes oculaires. Son mode d’action est différent de celui des anti-histaminiques. Tout d’abord, c’est un produit naturel. Il n’y a donc pas de risque d’accoutumance ou d’irritation comme on peut en rencontrer avec les sprays décongestionnants à base de xylométazoline ou de molécules apparentées. Les préparations à base d’ectoïne peuvent être sans risque utilisées durant toute la saison des allergies. Présentée comme un protecteur de la muqueuse nasale et oculaire, l’ectoïne agit en fixant les molécules d’eau à la surface des cellules. L’effet protecteur ainsi obtenu permet d’éviter la pénétration des allergènes dans l’organisme. De plus, l’inflammation causée par la réaction allergique se trouve diminuée et l’on assiste à une meilleure régénération de des muqueuses.

A noter que pour traiter les dermatites ou les allergies cutanée, l’ectoïne existe également sous la forme de crème à appliquer sur la peau 2 à 3 fois par jour. Elle montre de l’efficacité lors de symptômes aigus, mais peut aussi – comme les sprays ou gouttes – être utilisée en traitement de fond sur le long terme. Ses effets sur la peau sont similaires à ceux décrits plus haut : protection, activation des processus de régénération et lutte contre l’inflammation. Sous toutes ses formes, cette molécule peut être utilisée sans problème chez l’enfant.

Une alternative, donc, aux traitements classiques qu’il vaut sans doute la peine d’essayer.

Bonne fin de semaine

Did

Reconnaître une crise cardiaque

avril 9th, 2016 par Did

Les douleurs à la poitrine peuvent avoir plusieurs origines : cardiaque, respiratoire, musculaire ou gastrique. Les douleurs d’origine cardiaque doivent être prises au sérieux. Dans certains cas, et notamment si l’on soupçone une crise cardiaque, une consultation d’urgence s’impose. Quels symptômes devraient nous alerter ?

La douleur, tout d’abord, est caractéristique. Elle est ressentie comme un serrement brutal qui débute au centre de la poitrine derrière le sternum. Elle se propage souvent vers l’épaule, le bras gauche, la mâchoire inférieure, le cou, le visage et le dos. Cela peut arriver plus particulièrement après un effort physique, une vive émotion, un repas, lors d’une exposition au froid ou durant le sommeil. D’autres symptômes peuvent être observés : pâleur, sueurs froides, faiblesse, voire même des nausées. Les pulsations cardiaque peuvent devenir irrégulières, trop rapides ou trop lentes. Une perte de connaissance est alors possible. A l’extrême, il y a la fibrillation ventriculaire : les impulsions électriques qui font battre le coeur deviennent irrégulières et ne sont plus efficaces. Seules des décharges électriques extérieures peuvent permettre de rétablir la situation.

Idéalement, les manoeuvres de réanimation doivent être commencées moins de 4 minutes après une perte de conscience d’origine cardiaque. Dans le cas contraire, le manque d’oxygène risque de provoquer des séquelles irréversibles au cerveau.

Quels sont les bons réflexes à avoir si vous vous trouvez en présence d’une personne en arrêt cardiaque ? Appeler les secours (144 pour la Suisse) en décrivant la situation. Ils pourront vous donner les premières indication sur le comportement à adopter. Si la personne est encore consciente, il faudra qu’elle cesse toute activité en attendant l’arrivée des soignants. Si elle a perdu conscience et qu’elle ne respire plus, une fois les secours prévenus, il faudra procéder au massage cardiaque et si possible défibriller le coeur au moyen d’un défibrillateur. Voyez cette petite vidéo de la Fédération française de cardiologie. Elle ne dure que quelque minutes :

https://www.youtube.com/watch?v=ff3h4zbqpBk

Bonne fin de semaine

Did

L’asthme

avril 1st, 2016 par Did

Les bronches permettent d’amener l’air jusqu’aux poumons où se fera le passage de l’oxygène dans le sang. L’asthme peut être décrit comme une maladie inflammatoire chronique des bronches. Lors d’une crise d’asthme, les bronches s’enflamment. Leur paroi gonfle, se contracte, et du mucus est sécrété en quantités plus importantes. Il en résulte une obstruction partielle des bronches. L’air passe mal et des difficultés respiratoires se manifestent. Gêne respiratoire, essoufflement, toux et respiration rapide et sifflante sont des symptômes caractéristiques de la crise d’asthme. Les raisons pour laquelle une telle crise se déclenche sont diverses : allergie, virus, pollution, effort physique, climat ou stress peuvent provoquer une crise. Des facteurs génétiques interviennent également.

L’asthme est une maladie à prendre au sérieux. Sans traitement, le pronostique vital peut être engagé (asphyxie). Parlons des traitements justement. Ils sont de deux sortes : les bronchodilatateurs et les anti-inflammatoires à base de cortisone. Tous sont utilisés par voie buccale principalement sous forme de sprays. Le rôle des bronchodilatateurs (par exemple Ventolin) est d’agir immédiatement en dilatant les bronches afin de rétablir rapidement une respiration normale. Ils sont donc utilisés uniquement en cas d’urgence, lorsque des difficultés respiratoires se font sentir. Certaines personnes n’ont pas besoin de traitement supplémentaire. Pour des cas d’asthme plus sévère, par contre, un traitement de fond à base de cortisone peut être nécessaire. Ce traitement se prend quotidiennement sous forme de spray oral. L’intérêt de la cortisone – utilisée ici à des doses faibles – est d’éviter l’apparition de l’inflammation. Les crises d’asthmes sont ainsi beaucoup moins violentes, voire disparaissent carrément. Le confort de vie est ainsi grandement amélioré. Les corticoïdes en spray oral présentent en outre un intérêt non négligeable. Celui de provoquer peu ou pas d’effets secondaires par rapport à la cortisone en comprimés ou en injections. Les doses inhalées sont beaucoup plus faibles. Au pire, on note parfois l’apparition de mycoses buccales causées par l’effet immunosuppresseur des corticoïdes. C’est pourquoi il est recommandé de se rincer la bouche à l’eau après l’utilisation.

L’asthme est une maladie qui touche toutes les catégories d’âge. Il peut se déclencher n’importe quand, mais est tout de même plus fréquent chez les enfants. On estime que 30% des enfants entre 0 et 4 ans souffrent d’asthme, même léger, souvent causé d’ailleurs par des épisodes viraux. Ce pourcentage diminue ensuite rapidement. A l’âge scolaire, environ un enfant sur dix est asthmatique. Chez l’adulte, cela diminue encore.

Ci-après un lien vers le site de la Ligue Pulmonaire où vous pourrez trouver nombre d’informations relatives à cette maladie : http://www.liguepulmonaire.ch/fr/maladies-et-consequences/asthme.html

Bonne fin de semaine

Did