Des psychotropes à toutes les sauces ?

mars 28th, 2015 par Did

Cette semaine, c’est vers une émission de la télévision suisse romande que nous allons faire un petit tour. En effet, l’excellent magazine de vulgarisation médicale « 36°9″ a traité cette semaine de l’utilisation, parfois inconsidérée, des médicaments psychotropes tels qu’antidépresseurs, somnifères ou anxiolytiques. Ces médicaments sont utiles dans bien des cas, mais leur utilisation tend à se généraliser de manière exagérée. Il n’est pas rare qu’un patient soit mis sous antidépresseur au premier coup de blues, ou mis sous somnifère après quelques nuits difficiles. Ce phénomène est mondial et ses causes sont multiples : pressions de l’industrie pharmaceutique, prescriptions parfois trop lourdes ou inconsidérées de la part de certains thérapeutes, mais aussi pressions de la part des patients…bref, chacun a sa part de responsabilité, avec des conséquences parfois lourdes. Car si ces médicaments ont une vraie raison d’être dans certains cas bien définis, l’expérience montre qu’on pourrait souvent s’en passer. D’autre part ,la surmédication et la polymédication à outrance représentent aujourd’hui un réel problème, voire parfois un danger, comme vous pourrez le voir ici :

http://www.rts.ch

Il ne s’agit pas ici de pointer du doigt les uns ou les autres, mais simplement d’amener un élément de réflexion à la seule question qui devrait importer : comment servir au mieux les intérêts du patient ?

Bonne fin de semaine

Did

La santé pour smartphone

mars 21st, 2015 par Did

A l’heure où les nouvelles technologies nous envahissent et parmi la multitude d’inutilités que l’on peut y trouver, voici quelques applications gratuites pour smartphone en lien avec la santé qui peuvent tout de même rendre quelques services.

- « Premiers secours par la CRS » : éditée par la Croix-Rouge-Suisse (CRS), cette application comporte les directives à appliquer en cas d’urgence. Arrêt cardiaque, crise d’épilepsie, saignements, fracture…tout y est de manière claire, concise et simple d’accès.

- « e-symptoms » : proposée par le centre d’allergies suisse, cette application permet de recenser jour après jour les troubles allergiques dont vous souffrez, puis de les envoyer par email à votre médecin afin qu’il puisse les évaluer et optimiser le traitement. L’application comporte notamment un test sous forme de questions/réponses, un bulletin pollinique et des données de pollution atmosphérique.

- « Check yourself! » : en quelques dessins et textes brefs, cette application rappelle aux femmes les bons gestes à faire pour se palper la poitrine et les aisselles afin de déceler la présence éventuelles de masses suspectes.

- « Ma grossesse » : cette application propose un suivi semaine après semaine de votre grossesse autour de l’évolution du foetus, l’alimentation et différents autres thèmes. Vous y trouverez même un contractomètre (si, si, ça existe) pour mesurer la durée et la fréquence des contractions.

Bonne fin de semaine

Did

L’aphte

mars 14th, 2015 par Did

Petite ulcération bénigne de la muqueuse de la bouche, l’aphte peut apparaître spontanément ou suite à une blessure. Suivant où il est placé, peut être fort désagréable. Un aphte se résorbe spontanément en une à deux semaines, mais en attendant sa disparition, on pourra utiliser certains remèdes pour soulager la douleur. Des préparations contenant un anesthésique local sous forme de sprays, de comprimés ou même de gel à appliquer peuvent être utilisées. L’extrait de rhubarbe (rhei extractum) alcoolisé additionné d’acide salicylique agit comme anti-inflammatoire, antibactérien et astringent. On l’applique sur l’aphte à l’aide d’un petit pinceau plusieurs fois par jour. Il ne peut cependant pas être utilisé chez l’enfant de moins de 12 ans ou si vous êtes allergique à l’Aspirine. Par manque d’études, il n’est pas indiqué non plus chez la femme enceinte ou qui allaite. D’autre part, bien qu’il aide favorablement la guérison, sa haute teneur en alcool fait que ça va piquer fort à l’application. On ne l’utilisera donc pas si on cherche principalement à diminuer la douleur. Pour cela, d’autres remèdes plus doux s’offrent à vous comme par exemple les bains de bouche à base de sauge ou de bicarbonate de soude.

Enfin, on essayera d’éviter certains aliments qui peuvent favoriser l’apparition des aphtes, du fait de leur effet irritant sur la muqueuse de la bouche. On pense par exemple aux noix ou à certains fromages comme le gruyère.

Evidemment, un aphte qui ne disparaîtrait pas dans des délais normaux ou qui prendrait des proportions anormales devrait faire l’objet d’une consultation médicale. De même, d’ailleurs, que si d’autres symptômes (fièvre, par exemple) lui sont associés.

Bonne fin de semaine

Did

L’allergie à la pénicilline n’est pas toujours…une allergie

mars 7th, 2015 par Did

Votre jeune enfant a été mis sous antibiotiques par le pédiatre. Pendant quelques jours, tout se passe bien, puis au milieu du traitement, l’enfant développe d’importantes rougeurs sur tout le corps. Ce scénario est un exemple typique d’une réaction à un antibiotique de la famille des pénicillines. Il se peut que suite à cela, le traitement ait été modifié. Cependant, il apparaît que dans de nombreux cas, une telle réaction ne soit pas synonyme de réelle allergie. Le seul moyen de s’en assurer est d’effectuer des tests auprès d’un allergologue. Il effectuera une prise de sang qui permettra de déterminer si il y a lieu de parler d’allergie ou non.

En cas de réponse négative, la pénicilline pourra être réadministrée si besoin lors d’une prochaine infection. L’enfant ne développera alors plus les symptômes cutanés impressionnants de la fois précédente. Car lorsque cette réaction n’est pas synonyme d’allergie, elle n’apparaît qu’une seule et unique fois.

Ainsi, si vous avez connu ce genre d’expérience, n’hésitez pas à faire le test auprès d’un allergologue. Parlez-en à votre pédiatre qui saura vous conseiller.

Bonne fin de semaine

Did

Médicaments, enzymes et interactions

février 28th, 2015 par Did

Les enzymes sont des molécules dont la fonction est de faciliter et accélérer des réactions chimiques. Dit autrement, l’enzyme participe à la modification de la structure d’autres molécules. Prenons l’exemple de la digestion. Lorsque l’on mange, trois grandes familles de composés se retrouvent dans notre estomac : les graisses (lipides), les sucres (glucides) et les protéines. Afin d’être correctement assimilés au niveau de nos intestins, ces composés doivent être dégradés. Des enzymes spécifiques vont donc agir en fixant ces molécules, puis en les transformant en molécules plus petites facilement assimilables. Une fois la réaction chimique effectuée, l’enzyme libère la molécule transformée et peut en accueillir une nouvelle. Evidemment, tout cela se fait en une fraction de fraction de seconde. D’une manière générale, les enzymes sont partout. On les utilise par exemple dans la fabrication du vin, ou encore dans l’industrie chimique et alimentaire. Et elles sont d’une grande utilité lorsque l’on prend des médicaments.

Quelle que soit la voie d’administration, un médicament, pour agir, doit être absorbé. Ce processus peut se faire par exemple par les intestins (comprimés), par la peau (crèmes), par les poumons (inhalateurs)…Ensuite, vient une phase de distribution où le médicament passe dans le sang pour atteindre la zone où il doit agir. Enfin, il est éliminé, généralement par les urines. L’étude du devenir d’un médicament dans l’organisme est une science à part entière : c’est la pharmacocinétique. Quel rapport avec les enzymes ? Eh bien avant son élimination, le médicament doit être transformé. Les reins, en effet, ne sont pas capables d’éliminer correctement la plupart des molécules de médicaments que nous ingérons. Ce travail de transformation, que l’on appelle « métabolisation », se fait en grande partie dans l’usine à gaz du corps humain : le foie. Celui-ci, d’ailleurs, ne se contente pas de transformer les médicaments, mais tous les composants chimique que l’on absorbe de l’extérieur. Polluants, pesticides…le foie transforme et transforme encore afin de faciliter l’élimination de toutes ces molécules. Si il ne le faisait pas, on s’intoxiquerait très vite. Pour ce faire, le foie utilise ces fameuses enzymes. Ainsi, une fois que le médicament a atteint son objectif thérapeutique, il va passer dans le foie où des enzymes spécifiques vont le dégrader avant son élimination finale par les reins. Certains médicaments ne se contentent d’ailleurs pas d’être transformés par les enzymes du foie, mais vont à leur tour influencer l’activité de ces enzymes. Ainsi, un médicament A, tout en étant transformé par une enzyme A, peut ralentir ou accélérer l’activité d’une autre enzyme B. Si dans le même temps un autre médicament B est dégradé par cette enzyme B, cette dégradation peut être réduite ou au contraire accélérée. Du coup, notre médicament B se retrouvera en trop grandes quantités dans l’organisme (surdosage) ou au contraire, en quantités trop faibles (inefficacité). Dans les deux cas, l’effet est modifié : c’est une des formes d’interaction médicamenteuse. Cela explique que certaines associations de médicaments soient contre-indiquées.

Bonne fin de semaine

Did