Polyarthrite rhumatoïde : un dépistage précoce est possible

septembre 12th, 2014 par Did

La polyarthrite est une maladie inflammatoire auto-immune, c’est-à-dire qu’elle est causée par une réaction anormale du système immunitaire du patient contre son propre corps. Les tissus sont attaqués, principalement au niveau des articulations des mains et des pieds. Cette maladie particulièrement douloureuse et invalidante touche près de 1% de la population en Suisse, principalement des femmes. La plupart du temps, elle apparaît entre 40 et 50 ans et est considérée comme incurable une fois que les premiers symptômes sont apparus. Cependant, il y a une dizaine d’années, des chercheurs suédois et hollandais ont découvert que les anticorps responsables du déclenchement de la maladie étaient déjà présents dans le sang des patients en moyenne 5 ans avant le développement de la maladie. Il est donc possible de savoir plusieurs années à l’avance si l’on est à risque de développer la maladie, cela avec une simple prise de sang. Et on sait que plus le diagnostique se fait tôt, plus l’apparition de la maladie est retardée. Dans 20% des cas, elle n’apparaîtra carrément pas. Des traitements préventifs sont donc en cours d’étude. D’autre part, plusieurs hôpitaux universitaires et cantonaux suisses recrutent des volontaires pour participer aux études de dépistage précoce. Pas besoin pour cela d’être malade. Il suffit qu’un de vos proches souffre de cette maladie et que vous soyez âgé de 18 à 75 ans pour vous porter volontaire, car malheureusement, des facteurs génétiques sont impliqués dans le développement de la polyarthrite. On vous posera quelques questions, on procédera à une prise de sang et un examen médical. Rien d’autre. Si la chose vous intéresse, d’autres informations sont disponibles ici :

http://www.arthritis-checkup.ch/index_fr.html

Des informations complémentaires peuvent être obtenues par mail : arthritis-checkup@hcuge.ch

Ainsi qu’aux numéros de téléphone suivants : 0223723681 et 0223723697

Bonne fin de semaine

Did

L’onychocryptose, c’est tout bêtement…

septembre 5th, 2014 par Did

…un ongle incarné. Le milieu médical déborde d’imagination quand il s’agit de dire de manière compliquée des choses simples. Un ongle incarné, c’est donc un ongle qui pousse en s’enfonçant dans les chairs. Cela provoque dans un premier temps une inflammation, puis éventuellement une infection, car dans la blessure ainsi provoquée, bactéries et autres impuretés vont s’installer et se développer. On distingue plusieurs sortes d’ongles incarnés, selon qu’il se développe chez les jeunes enfants, les adultes ou les personnes âgées. Afin de l’éviter, la manière de couper ses ongles est importante. On essayera de couper l’ongle en ligne droite, afin d’éviter que les bords ne pénètrent dans la peau. Il faut aussi éviter de les couper à raz. Enfin, porter des chaussures suffisamment larges pour que le pied soit à son aise. Des chaussures trop étroites peuvent en effet favoriser l’apparition d’une….(on respire) onychocryptose. Ca y est, vous l’avez dit !

Bonne fin de semaine

Did

La conjonctivite

août 29th, 2014 par Did

La conjonctive est une fine membrane qui recouvre le blanc de l’oeil. Elle est assez sensible et peut donc facilement s’irriter : c’est la conjonctivite. Les nombreux petits vaisseaux qu’elle contient se dilatent, ce qui donne à l’oeil cette coloration rouge typique de la conjonctivite. Paupière gonflée, yeux rouges, larmoyants et sensibles à la lumière, impression d’avoir du sable dans l’oeil…Tout ces symptômes sont typiques. La conjonctivite peut avoir plusieurs origines :

Lorsqu’elle est allergique, les symptômes sont ceux décrits ci-dessus et peuvent s’étendre au nez et à la gorge avec écoulements, éternuements et démangeaisons.

Si la conjonctivite est d’origine bactérienne ou virale, elle s’accompagne généralement d’une production de sécrétions purulentes et les paupières ont tendance à coller au réveil. Dans ce cas, elle est très contagieuse. Il n’est pas rare d’ailleurs que les enfants se passent les microbes en jouant ensemble.

Enfin, des yeux trop secs ou un environnement particulièrement irritant (pollution, fumée de cigarette…) peuvent également provoquer une inflammation de la conjonctive.

Souvent, la conjonctivite, bien que gênante, est relativement banale et ne crée pas de complications. Cependant, il faudra être particulièrement attentif si elle est d’origine bactérienne ou virale. Des bactéries à la mauvaise réputation telles que des staphylocoques ou des streptocoques peuvent être en cause et provoquer de graves lésions si rien n’est entrepris pour rapidement pour stopper l’infection. En pharmacie, il est possible d’obtenir sans ordonnance des collyres désinfectants. On pourra essayer cette solution si l’infection n’est pas trop prononcée, mais si aucune amélioration ne survient rapidement ou que l’infection semble empirer, le recours à un collyre antibiotique prescrit par un ophtalmologue sera indispensable. Egalement, un médecin devra impérativement être consulté si des troubles de la vue ou des douleurs à l’oeil se manifestent.

Dans le cas de la conjonctivite allergique, on traite avec des gouttes oculaires de type anti-histaminiques. Si l’on sait qu’on est sujet aux allergies, par exemple aux pollens, des gouttes à base de cromoglycate peuvent être utilisées avant le début des symptômes. Ces dernières perdent en effet de leur efficacité si le mal est déjà établi.

Enfin, si la cause est plutôt environnementale (poussières, écran…), il existe des préparations à base d’euphrasie, une plante réputée pour ses propriétés apaisantes et anti-inflammatoires. On obtient en général de très bons résultats.

Bonne fin de semaine

Did

Est-ce que ça marche ?

août 22nd, 2014 par Did

Marchez-vous ? Ou plutôt, marchez-vous assez ? En France, une étude menée par l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (Irmes) semble démontrer que non, et cela pour la troisième année de suite. Cela concerne plus particulièrement la tranche d’âge des 18-24 ans. Les chercheurs ont utilisé des podomètres, appareils permettant de mesurer le nombre de pas effectués en une journée, que les volontaires portaient sur eux. Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande au moins dix mille pas par jour pour diminuer les risques de développer certaines maladies due à l’âge, les adultes entre 18 et 64 ans font en moyenne 8184 par jour. D’une manière générale, nous somme 75% ne pas marcher suffisamment. La palme d’or revient, comme on l’a dit, aux 18-24 ans avec seulement 7727 pas par jour en moyenne. Un tiers d’entre eux est même en-dessous des 5000 pas. La catégorie des 11-17 ans fait un peu mieux avec 7966 pas par jour en moyenne.

Au-delà des chiffres, quelles sont les raisons de ce manque d’activité. Trop peu de sport et corollaire, trop de temps passé devant les écrans : 80% des 18-24 ans y passe plus de deux heures par jour. Or, le taux d’activité est en relation étroite avec le temps que l’on peut passer à regarder la télévision, ou à surfer sur le web. Egalement, les habitudes se transmettent. C’est là que l’influence des parents est importante. Plus les parents bougent, plus leurs enfants bougent. C’est logique. Or, des mesures simples permettent de bouger un peu plus. Nul besoin de tenter l’ascension de l’Anapurna par la face nord. Utiliser les escaliers au lieu de l’ascenseur, ne pas prendre sa voiture pour aller à l’épicerie du coin, descendre du bus un arrêt avant notre destination…ou simplement, prendre 15 à 20 minutes par jour pour aller marcher dehors d’un bon pas…

Essayons…

Bonne fin de semaine

Did

Nouveaux médicaments : le chemin est long

août 15th, 2014 par Did

Avec Ebola, on parle en ce moment d’utiliser, en désespoir de cause, des remèdes n’existant pour l’heure qu’au stade expérimental. Le chemin est en effet fort long entre le moment où une molécule potentiellement efficace est détectée et le moment où elle est mise sur le marché. Plus de 10 années peuvent s’écouler, et parfois, il s’avère que le médicament ne résiste pas aux derniers tests effectués et ne peut être commercialisé. Cela explique – en partie au moins – les coûts parfois exorbitants de certains médicaments. La recherche coûte cher, elle-aussi.

Mais comment un médicament arrive-t-il sur le marché ? Eh bien une fois qu’on a déterminé que telle ou telle molécule est potentiellement candidate à devenir un médicament, elle doit passer par différentes étapes, ou phases, qui précèdent une éventuelle mise sur le marché.

La phase pré-clinique :

On étudie la molécule sous tous ses angles. Cela va des relations entre sa structure et son activité à ses effets in vitro et sur l’animal. Cela permet de déterminer certains seuils critiques comme par exemple la dose maximale tolérée par l’animal. Certains calculs permettent ensuite de déterminer les doses qui devront être administrées lors des tests sur l’humain.

La phase I :

Les premiers essais sur l’homme commencent. On teste la tolérance au produit et ses éventuels effets secondaires, ainsi que la manière dont il se comporte à travers l’organisme lorsqu’il passe dans les tissus ou est métabolisé par le foie. On a recours pour cela à de petits groupes de volontaires sains, mais parfois, on propose à des patients gravement malades et n’ayant plus d’autre solution, de tester le remède. Dans le cas actuel d’Ebola, c’est un peu ce qui se passe. Lorsque le médicament est connu pour sa toxicité, il n’est pas testé sur des volontaires sains et peut passer directement en phase II.

La phase II :

L’étude du futur médicament est poussée plus loin. On évalue la dose thérapeutique optimale. On continue de recenser les effets secondaires, mais cette fois-ci, les personnes testées sont des malades et leur nombre est plus grand que lors de la phase I.

La phase III :

Si le médicament a résisté jusque-là aux tests, alors il peut entrer en phase III. On va ici comparer son efficacité à un placébo (« faux » médicament n’ayant aucun effet), ou alors à un autre traitement déjà existant et soignant la même maladie. Ces études se font sur un panel encore plus large de participants, plusieurs milliers de personnes. Si l’efficacité et la plus-value du nouveau traitement sont avérées, alors la mise sur le marché est autorisée. Dans le cas contraire, ce sont des années d’effort qui auront été inutiles, sans compter les coûts élevés que cela représente.

La phase IV :

Elle fait suite à la mise sur le marché du médicament et doit permettre de mettre en évidence les effets secondaires les plus rares qui auraient échappé aux études précédentes. En effet, imaginons qu’un médicament présente un risque d’effet indésirable mortel 1 fois sur dix mille. Même avec des tests sur plusieurs milliers de personnes, on peut ne pas le détecter. A la commercialisation du produit, ce sont des dizaines ou des centaines de milliers, voire des millions de patients qui vont utiliser le traitement. Une complication sera donc tôt ou tard mise en évidence. C’est pourquoi il arrive finalement assez souvent qu’un médicament soit retiré, même plusieurs années après les débuts de sa commercialisation.

Une fois commercialisée, une nouvelle molécule est protégée par brevet pendant 10 à 15 ans. Cela permet à l’industrie de se rembourser du coût de la recherche, puis d’en tirer des bénéfices. Au terme de cette période, le brevet tombe et la concurrence est libre de produire des génériques. N’ayant pas les coûts de la recherche à assumer, les génériques sont logiquement moins chers que l’original. Certaines entreprises, même, se spécialisent dans la production de génériques à grande échelle. Mis à part de faire pression à la baisse sur les prix, on peut légitimement discuter de savoir ce que ces industries apportent réellement en termes d’innovations. Mais ceci est une autre histoire…

Bonne fin de semaine

Did