Médicaments, enzymes et interactions

février 28th, 2015 par Did

Les enzymes sont des molécules dont la fonction est de faciliter et accélérer des réactions chimiques. Dit autrement, l’enzyme participe à la modification de la structure d’autres molécules. Prenons l’exemple de la digestion. Lorsque l’on mange, trois grandes familles de composés se retrouvent dans notre estomac : les graisses (lipides), les sucres (glucides) et les protéines. Afin d’être correctement assimilés au niveau de nos intestins, ces composés doivent être dégradés. Des enzymes spécifiques vont donc agir en fixant ces molécules, puis en les transformant en molécules plus petites facilement assimilables. Une fois la réaction chimique effectuée, l’enzyme libère la molécule transformée et peut en accueillir une nouvelle. Evidemment, tout cela se fait en une fraction de fraction de seconde. D’une manière générale, les enzymes sont partout. On les utilise par exemple dans la fabrication du vin, ou encore dans l’industrie chimique et alimentaire. Et elles sont d’une grande utilité lorsque l’on prend des médicaments.

Quelle que soit la voie d’administration, un médicament, pour agir, doit être absorbé. Ce processus peut se faire par exemple par les intestins (comprimés), par la peau (crèmes), par les poumons (inhalateurs)…Ensuite, vient une phase de distribution où le médicament passe dans le sang pour atteindre la zone où il doit agir. Enfin, il est éliminé, généralement par les urines. L’étude du devenir d’un médicament dans l’organisme est une science à part entière : c’est la pharmacocinétique. Quel rapport avec les enzymes ? Eh bien avant son élimination, le médicament doit être transformé. Les reins, en effet, ne sont pas capables d’éliminer correctement la plupart des molécules de médicaments que nous ingérons. Ce travail de transformation, que l’on appelle « métabolisation », se fait en grande partie dans l’usine à gaz du corps humain : le foie. Celui-ci, d’ailleurs, ne se contente pas de transformer les médicaments, mais tous les composants chimique que l’on absorbe de l’extérieur. Polluants, pesticides…le foie transforme et transforme encore afin de faciliter l’élimination de toutes ces molécules. Si il ne le faisait pas, on s’intoxiquerait très vite. Pour ce faire, le foie utilise ces fameuses enzymes. Ainsi, une fois que le médicament a atteint son objectif thérapeutique, il va passer dans le foie où des enzymes spécifiques vont le dégrader avant son élimination finale par les reins. Certains médicaments ne se contentent d’ailleurs pas d’être transformés par les enzymes du foie, mais vont à leur tour influencer l’activité de ces enzymes. Ainsi, un médicament A, tout en étant transformé par une enzyme A, peut ralentir ou accélérer l’activité d’une autre enzyme B. Si dans le même temps un autre médicament B est dégradé par cette enzyme B, cette dégradation peut être réduite ou au contraire accélérée. Du coup, notre médicament B se retrouvera en trop grandes quantités dans l’organisme (surdosage) ou au contraire, en quantités trop faibles (inefficacité). Dans les deux cas, l’effet est modifié : c’est une des formes d’interaction médicamenteuse. Cela explique que certaines associations de médicaments soient contre-indiquées.

Bonne fin de semaine

Did

Les atouts de la pomme

février 20th, 2015 par Did

La pomme possède quelques vertus nutritionnelles remarquables. C’est tout d’abord un excellent antioxydant, c’est-à-dire qu’elle contient des substances qui protègent notre organisme des dégâts causés par les radicaux libres. Vieillissement cellulaire, développement de maladies cardiovasculaires ou de cancers…La pomme, comme d’autres fruits d’ailleurs, est riche en polyphénols et en flavonoïdes qui sont tous d’excellents antioxydants. Elle contient également de la vitamine C en faibles quantités. Cependant, les autres antioxydants qu’on y trouve augmentent drastiquement l’effet de cette vitamine par effet de synergie.

Un autre atout de la pomme est la quantité et la qualité des fibres alimentaires qu’elle contient. Ces fibres permettent à la fois d’améliorer le transit intestinal, mais aussi de diminuer l’absorption du cholestérol alimentaire et de ralentir le passage des sucres dans le sang.

Afin de bénéficier pleinement de ces bienfaits, il est préférable de consommer le fruit avec sa peau car polyphénols, vitamine C et fibres sont principalement localisés…dans la peau. Le souci, vous l’avez peut-être deviné, c’est que la pomme est un des fruits les plus traités par les pesticides. Or, ces derniers se concentrent en majorité en périphérie du fruit, sur la peau et juste en dessous. La pomme devra donc être soigneusement lavée avant d’être consommée. Idéalement, préférez les pommes bio. Une méta-analyse récente basée sur plus de 300 études a montré que d’une manière générale, les produits bio sont plus riches en nutriments que les autres, et contiennent bien moins de substances nocives comme les pesticides. La pomme n’échappe pas à cette règle.

Enfin, un dernier petit conseil : une pomme qui présente des traces de moisissures devrait être jetée car elle peut alors contenir une mycobactérie, la patuline. Cette dernière provient d’un champignon et est toxique. La patuline pouvant contaminer le fruit entier, il ne suffit malheureusement pas d’éliminer la partie abîmée. Il est préférable de jeter tout le fruit.

Bonne fin de semaine

Did

Les bons côtés du gras

février 13th, 2015 par Did

Le tour de taille : un indicateur à ne pas négliger

En étudiant la graisse pour mieux lutter contre elle, des scientifiques ont découvert qu’elle tenait un rôle vital dans notre organisme. Avec l’épidémie mondiale de diabète et d’obésité que l’on rencontre actuellement, la graisse n’a pas vraiment le vent en poupe. Et pourtant, elle est impliquée dans de nombreuses fonctions essentielles et vitales. Attention : il n’est pas question ici de dire qu’il est bon d’avoir beaucoup de graisse. Car cette dernière, pour assurer toutes les fonctions dont on va parler ci-dessous, a besoin d’être en bonne santé, c’est-à-dire d’être présente en quantités raisonnables. Chez l’obèse, le tissu graisseux est en quelque sorte « déréglé ». Les adipocytes (cellules graisseuses) ne parviennent plus à remplir certaines fonctions utiles à l’organisme. D’autre part, la localisation des graisses joue aussi un rôle. Ainsi, la graisse que l’on développe au niveau de l’abdomen lorsque qu’on est en surpoids est plutôt néfaste, tandis que le tissu graisseux présent sous la peau, près du cou ou autour des ganglions assure quant à lui des fonctions physiologiques utiles. Des centaines de molécules actives sont ainsi produites par ces « bonnes » graisses. Deux hormones, principalement, retiennent l’attention des chercheurs : la leptine et l’adiponectine. Quelles sont donc ces fonctions utiles de la graisse ?

- Dans le cerveau, elle module l’appétit : leptine et adiponectine agissent sur l’hypothalamus afin d’exciter l’appétit ou au contraire d’augmenter la sensation de satiété.

- Elle régule la température : c’est là une des principales fonctions de la graisse, fonction qu’aucun autre organe n’est capable de réaliser. Pas simplement parce qu’elle agit comme un isolant vis-à-vis du froid. La graisse brune, contenant un type spécifique de cellules graisseuses, réagit au froid en brûlant des lipides afin de produire de la chaleur. Et cette production est modulable en fonction des circonstances, car certains adipocytes présentent à leur surface des thermorécepteurs capables, comme notre peau, de ressentir les changements de température.

- Elle intervient dans notre système immunitaire : la graisse entourant les ganglions lymphatiques (sièges de l’immunité) active les cellules immunitaires en développement dans ces ganglions.

- Elle agit sur la pression artérielle et sur les vaisseaux sanguins : alors que l’on pensait la graisse uniquement néfaste au système cardiovasculaire, il apparaît que l’adiponectine provoque la dilatation des vaisseaux en cas de flux sanguin important. Peut être encore plus étonnant, l’adiponectine, toujours elle, prévient la formation de caillots, notamment parce qu’elle facilite la réparation des parois des vaisseaux endommagés.

- Dans les muscles, adiponectine et leptine sont impliquées dans la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et adaptent la consommation des sucres. Elles ralentissent ou accélèrent le métabolisme des muscles en fonction des réserves d’énergie disponibles.

Ainsi, le tissu graisseux apparaît de plus en plus comme un organe à part entière, remplissant des fonctions essentielles. Et surtout, il apparaît comme un organe maltraité par la malbouffe et la suralimentation. Car on l’a dit plus haut, ce qui compte, c’est la qualité de notre tissu graisseux, pas sa quantité. Et trop de gras reste néfaste, empêchant par ailleurs le bon fonctionnement de cet organe…en voie de réhabilitation.

Bonne fin de semaine

Did

Les engelures

février 6th, 2015 par Did

Une engelure apparaît suite à une exposition au froid et à l’humidité. Elle se manifeste par des sensations de brûlures et de démangeaisons, de la rougeur et un gonflement des parties atteintes. La peau peut aussi se crevasser. Généralement, ce sont les parties du corps les plus exposées au froid qui sont concernées, comme les mains et les pieds. Le visage peut aussi être atteint. Le mécanisme de l’engelure est simple : lorsqu’il fait froid, nos vaisseaux sanguins redirigent le flux sanguin vers nos centres vitaux (cerveau, système digestif…). Dans les zones « moins importantes » pour la survie, comme les mains, les petits vaisseaux sanguins, les capillaires, se contractent. Cependant, en cas d’exposition trop forte au froid, notre cerveau tente tout de même d’amener du sang dans ces zones pour les réchauffer. Ce double phénomène antagoniste (contraction des capillaires et afflux de sang) provoque des lésions car le sang n’a pas la place de passer et abîme les capillaires. Avec pour résultat les symptômes décrits plus haut.

Que faire si cela vous arrive ? Evitez de placer le membre touché directement à la chaleur. Le réchauffement doit se faire progressivement. En cas d’engelures aux mains, on peut les mettre sous l’eau tiède pendant une dizaine de minutes. On peut aussi envelopper le membre dans des compresses tièdes. Frictionner légèrement et essayer de faire des mouvement sont également des mesures adéquates. Le massage doit être doux car on ne veut pas léser la peau davantage. Dans un second temps, l’usage de pommades cicatrisantes et régénérantes pourra permettre une bonne cicatrisation de la peau. On peut recommander des crèmes à base de baume du Pérou ou de Calendula, mais d’autres solutions existent et votre pharmacie de quartier vous renseignera volontiers. Dans ce domaine, chacun a son petit truc.

Si les symptômes semblent trop sérieux (lésions sur de grandes surfaces, douleurs fortes…), la consultation médicale s’imposera.

Quoi qu’il en soit, la meilleure solution pour éviter les engelures est de se couvrir suffisamment chaudement. Bonnes chaussures, chaussettes, gants , écharpe…De quoi pallier à toute mauvaise surprise.

Bonne fin de semaine

Did

Une haleine difficile ?

janvier 30th, 2015 par Did

La mauvaise haleine, ou halitose, est un phénomène fréquent puisqu’il touche une personne sur deux, que ce soit de manière temporaire ou plus durable. La digestion de certains aliments (ail, oignon…) peut parfois être mise en cause. Cependant, dans la majorité des cas, la cause de la mauvaise haleine se trouve tout simplement dans la bouche. Les résidus alimentaires sont en effet dégradés par des bactéries qui, ce faisant, produisent des composés très odorants comme le sulfure d’hydrogène ou d’autres dérivés du soufre. Evidemment, la première mesure à prendre est le brossage des dents. Cependant, cela ne suffit pas toujours. Notre type de dentition ou la qualité de notre salive ont une influence importante sur l’odeur de l’haleine, ainsi que la consommation de tabac et d’alcool. De fait, avec des dents très serrées, le brossage ne suffira pas tout nettoyer comme il faut. Dans ce cas, le fil interdentaire est une excellente solution complémentaire. De la même manière, en prenant de l’âge, il arrive que notre production de salive diminue. Du coup, la bouche retient plus facilement les mauvaises odeurs. Pour remédier à ce problème, il existe des sprays buccaux qui lubrifient la bouchent et remplace une production salivaire déficiente. Il en existe également d’autres qui neutralisent les mauvaises odeurs de manière plus durable que de simples bonbons mentholés. Ces sprays présentent une réelle efficacité car ils détruisent les molécules responsables de la mauvaise odeur et ne se contentent pas de la masquer. On trouve également des préparations sous forme de bains de bouche qui agissent de la même manière.

Bonne fin de semaine

Did