Nouveaux médicaments : le chemin est long

août 15th, 2014 par Did

Avec Ebola, on parle en ce moment d’utiliser, en désespoir de cause, des remèdes n’existant pour l’heure qu’au stade expérimental. Le chemin est en effet fort long entre le moment où une molécule potentiellement efficace est détectée et le moment où elle est mise sur le marché. Plus de 10 années peuvent s’écouler, et parfois, il s’avère que le médicament ne résiste pas aux derniers tests effectués et ne peut être commercialisé. Cela explique – en partie au moins – les coûts parfois exorbitants de certains médicaments. La recherche coûte cher, elle-aussi.

Mais comment un médicament arrive-t-il sur le marché ? Eh bien une fois qu’on a déterminé que telle ou telle molécule est potentiellement candidate à devenir un médicament, elle doit passer par différentes étapes, ou phases, qui précèdent une éventuelle mise sur le marché.

La phase pré-clinique :

On étudie la molécule sous tous ses angles. Cela va des relations entre sa structure et son activité à ses effets in vitro et sur l’animal. Cela permet de déterminer certains seuils critiques comme par exemple la dose maximale tolérée par l’animal. Certains calculs permettent ensuite de déterminer les doses qui devront être administrées lors des tests sur l’humain.

La phase I :

Les premiers essais sur l’homme commencent. On teste la tolérance au produit et ses éventuels effets secondaires, ainsi que la manière dont il se comporte à travers l’organisme lorsqu’il passe dans les tissus ou est métabolisé par le foie. On a recours pour cela à de petits groupes de volontaires sains, mais parfois, on propose à des patients gravement malades et n’ayant plus d’autre solution, de tester le remède. Dans le cas actuel d’Ebola, c’est un peu ce qui se passe. Lorsque le médicament est connu pour sa toxicité, il n’est pas testé sur des volontaires sains et peut passer directement en phase II.

La phase II :

L’étude du futur médicament est poussée plus loin. On évalue la dose thérapeutique optimale. On continue de recenser les effets secondaires, mais cette fois-ci, les personnes testées sont des malades et leur nombre est plus grand que lors de la phase I.

La phase III :

Si le médicament a résisté jusque-là aux tests, alors il peut entrer en phase III. On va ici comparer son efficacité à un placébo (« faux » médicament n’ayant aucun effet), ou alors à un autre traitement déjà existant et soignant la même maladie. Ces études se font sur un panel encore plus large de participants, plusieurs milliers de personnes. Si l’efficacité et la plus-value du nouveau traitement sont avérées, alors la mise sur le marché est autorisée. Dans le cas contraire, ce sont des années d’effort qui auront été inutiles, sans compter les coûts élevés que cela représente.

La phase IV :

Elle fait suite à la mise sur le marché du médicament et doit permettre de mettre en évidence les effets secondaires les plus rares qui auraient échappé aux études précédentes. En effet, imaginons qu’un médicament présente un risque d’effet indésirable mortel 1 fois sur dix mille. Même avec des tests sur plusieurs milliers de personnes, on peut ne pas le détecter. A la commercialisation du produit, ce sont des dizaines ou des centaines de milliers, voire des millions de patients qui vont utiliser le traitement. Une complication sera donc tôt ou tard mise en évidence. C’est pourquoi il arrive finalement assez souvent qu’un médicament soit retiré, même plusieurs années après les débuts de sa commercialisation.

Une fois commercialisée, une nouvelle molécule est protégée par brevet pendant 10 à 15 ans. Cela permet à l’industrie de se rembourser du coût de la recherche, puis d’en tirer des bénéfices. Au terme de cette période, le brevet tombe et la concurrence est libre de produire des génériques. N’ayant pas les coûts de la recherche à assumer, les génériques sont logiquement moins chers que l’original. Certaines entreprises, même, se spécialisent dans la production de génériques à grande échelle. Mis à part de faire pression à la baisse sur les prix, on peut légitimement discuter de savoir ce que ces industries apportent réellement en termes d’innovations. Mais ceci est une autre histoire…

Bonne fin de semaine

Did

Pour une santé de fer

août 8th, 2014 par Did

Le fer est un élément qui nous est nécessaire. Grâce à lui, nos globules rouges peuvent transporter l’oxygène depuis nos poumons jusqu’à nos muscles. Il entre également dans la composition de nombreuses enzymes indispensables. Les enfants et adolescents – par définition en période de croissance – et les femmes – du fait de leurs menstruations – sont plus sujets à développer une carence en fer. Les femmes enceintes sont plus particulièrement à risque. On peut constater cela également chez certains sportifs et les personnes dont l’alimentation est végétarienne. Une telle carence, ou anémie, se manifestera par de la fatigue, des problèmes de concentration ou encore des ongles et des cheveux fragilisés. Maux de tête, irritabilité, hypersensibilité au froid et aux infections peuvent aussi se manifester.

En cas de suspicion d’un manque de fer, votre médecin peut procéder à une prise de sang afin de le faire analyser. Si cela se confirme, il peut s’avérer nécessaire de prendre un médicament à base de fer pendant quelques semaines. Ces médicaments sont d’ailleurs généralement disponibles sans ordonnance et en cas de besoin, votre pharmacien peut également vous conseiller. La dose quotidienne recommandée est variable. Elle dépend principalement de l’âge et du sexe. En moyenne, on recommande un apport journalier de 10mg chez l’homme et de 15mg environ chez la femme. Les médicaments contiennent souvent des doses plus importantes. Cela est dû au fait que notre organisme n’assimile pas facilement le fer. Une grande partie part directement dans les selles. C’est pourquoi, en cas de forte carence, on peut recourir à l’injection de fer par voie veineuse. Cela permet de retrouver plus vite des taux normaux. En ce qui concerne la prise par voie orale, elle se fait, sauf indications contraires, le matin avant le petit-déjeuner. Afin d’aider à l’assimilation du fer, on peut prendre simultanément de la vitamine C, par exemple sous la forme de jus d’orange. Attention si vous choisissez le jus de pamplemousse. Celui-ci peut paradoxalement interagir avec certains médicaments et abaisser leur efficacité.

Il est également possible de modifier votre alimentation en lui ajoutant certains aliments riches en fer. On distingue alors deux sortes de fer : celui d’origine animale qui est absorbé à hauteur de 10-20% par l’organisme, et celui d’origine végétale, moins bien assimilé (3-5%). Dans la catégorie des viandes, le foie de veau est particulièrement recommandé, ainsi que la viande séchée. Dans les légumes, le fenouil et les épinards (demandez à Popeye) arrivent en tête, suivis par les lentilles et les carottes. Certains compléments alimentaires disponibles en pharmacie, comme par exemple la spiruline, peuvent également aider à retrouver une santé…de fer.

Bonne semaine

Did

Autisme : le lien entre maladie mentale et infection microbienne se confirme

juillet 31st, 2014 par Did

La piste de l’implication de microbes dans certaines maladies mentales fait son chemin (voyez pour cela le billet du 16 novembre 2011 sur la maladie de Parkinson, ici : http://www.automedication.ch/blog/2011/11.html). En l’occurrence, des chercheurs américains ont réussi à guérir des souris autistes en rééquilibrant…leur flore intestinale. Ils ont tout d’abord démontré que la qualité de la flore intestinale de ces petits animaux malades était altérée. C’est parfois aussi le cas chez certains autistes humains. Ils leur ont ensuite donné un traitement susceptible de rééquilibrer cette flore et les symptômes dont souffraient les souris comme l’anxiété et les comportements répétitifs ont en majorité disparu. On a également constaté qu’elles retrouvaient en partie leur capacité à communiquer. Seul subsistaient les problèmes de sociabilité. Ces résultats démontrent que les troubles de la flore intestinale sont bien à l’origine (et non une conséquence) de certains des symptômes de l’autisme.

Quel rapport, direz-vous, entre nos bactéries intestinales et l’autisme ? Eh bien une première explication est avancée : les modifications de la flore provoqueraient une plus grande perméabilité de la barrière intestinale qui favoriserait le passage dans le sang de molécules toxiques produites par les bactéries. Certaines de ces molécules ont clairement été caractérisées et l’une d’entre elles, en particulier, est identifiée comme provoquant de l’anxiété, même chez des souris normales. Or, elle est présente à des taux presque 50 fois plus élevés chez les souris autistes.

De tels résultats ouvrent la porte à de nouvelles pistes de traitement de l’autisme. D’autre part, ils démontrent une fois de plus qu’il existe bien un lien entre bactéries et cerveau et que ces dernières sont probablement impliquées dans d’autres maladies de ce type.

Bonne fin de semaine

Did

Le kiwi bon pour la digestion

juillet 25th, 2014 par Did

Vous avez du mal à digérer ? Mangez un kiwi. C’est en substance ce qu’auraient pu dire ces chercheurs néo-zélandais qui ont pu démontrer que le kiwi contient une enzyme capable d’aider à la digestion des protéines.

On prêtait déjà à ce fruit quelques intéressantes propriétés que l’on avait relayées dans le billet du 14 décembre 2012 (ici : http://www.automedication.ch/blog/2012/12.html), mais apparemment, il n’avait pas encore révélé tous ses secrets.

Ainsi, le kiwi aiderait à digérer les viandes, les poissons, mais aussi les produits laitiers. Ils seront digérés plus rapidement et sans cette sensation de lourdeur désagréable et ces ballonnements qui surviennent parfois. Il existe également d’autres aliments qui favorisent une meilleure digestion. Citons par exemple l’ananas qui, comme le kiwi, se révèle particulièrement efficace dans la digestion des protéines d’origine animale.

Bonne fin de semaine

Did

L’OMS déclare la guerre au sucre

juillet 17th, 2014 par Did

L’apport de sucre est nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme. Cependant, tout est question de dosage. Si nous nous contentions d’absorber les sucres naturellement présents dans les aliments que nous consommons, cela ne présenterais pas de problème pour l’écrasante majorité d’entre nous. Ce n’est malheureusement pas le cas. Les sucres ajoutés sont présents dans nombre d’aliments et boissons. Quelques exemples ? Sodas, yogourts aux fruits, certaines céréales, pâtisseries ou encore chocolat. Sans compter les sucres que l’on ajoute nous-mêmes sous forme de sirops, confitures, sucre de canne, miel… Ces sucres ajoutés provoquent – on le savait déjà – caries, diabète et obésité. Ce que l’on savait moins, c’est une étude américaine portant sur 40000 patients qui nous le dit : une consommation excessive de sucre augmente également le risque de décéder d’une maladie cardio-vasculaire. Si 25% ou plus de votre apport calorique journalier se fait sous cette forme, alors le risque est multiplié par 3. Car en effet, trop de sucre abîme et fragilise nos vaisseaux sanguins. Demandez donc aux diabétiques ce qu’ils en pensent.

Du coup, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) donne de nouvelles recommandations. Jusqu’à maintenant, elle recommandait de ne pas consommer plus de 10% de nos calories sous forme de sucres. Désormais, cette recommandation est ramenée à 5%. Rappelons que l’on parle bien ici des sucres AJOUTES. 5%, c’est 25g de sucre par jour, ce qui correspond en gros à 6 morceaux de sucre. En Suisse, nous sommes en moyenne à 120g par jour et par personne, soit environ 17% de notre apport calorique quotidien. L’OMS est exigeante : avec une tartine à la confiture et 4 carrés de chocolat au lait, on atteint déjà les doses recommandées.

Malgré tout, il ne faut pas sombrer dans le sectarisme. Un carré de chocolat (même deux) n’a jamais fait de mal à personne. L’idée derrière tout ça est de faire prendre conscience au consommateur qu’il peut facilement réduire les apports de sucres dans son alimentation à condition d’y faire un peu attention. Certaines mesures sont faciles à prendre : préférer de l’eau aux sodas ultra-sucrés, jeter un coup d’oeil sur l’étiquette avant d’acheter…c’est très faisable et peut nous prémunir de pas mal de complications…

Bonne fin de semaine

Did