Le mal de tête

août 28th, 2015 par Did

Le crâne et les cervicales (os du cou) sont des structures soumises à rude épreuve dans la vie quotidienne. Rien d’étonnant alors que les maux de tête – ou céphalées – soient un symptôme si fréquent. Il est possible de les catégoriser selon le type, l’intensité et la localisation des douleurs. Bien que souvent sans gravité, nous allons voir que parfois, une consultation médicale peut s’avérer nécessaire.

Les maux de tête sont regroupés en trois principales familles :

- Les céphalées pulsatiles (migraines) : la douleur apparaît sous forme de pulsation et ne touche qu’un côté de la tête à la fois. Les muscles de la tête et de la nuque se contractent de manière spasmodique. La crise de migraine survient brutalement et s’accompagne d’autres symptômes comme des nausées, des vomissements ou une intolérance au bruit et à la lumière. Des troubles de la vision sont également fréquents. Certains aliments (chocolat, fromage, noix…) et additifs alimentaires (aspartam, glutamate,…) peuvent déclencher une crise.

- Les céphalées non pulsatiles : ces céphalées dites « de tension » serrent la tête comme dans un casque. Elles sont le plus souvent causées par des tensions des muscles de la nuque et le cou, par un mauvais éclairage ou par une baisse de la vue. Certaines substances comme l’alcool, le café ou le tabac peuvent favoriser leur apparition.

- Les céphalées mixtes : parfois pulsatiles et parfois non, les céphalées mixtes sont difficiles à catégoriser. Les patients ont souvent de la difficulté à décrire précisément leurs symptômes.

D’une manière générale, les maux de tête apparaissent suite à l’exposition à un déclencheur particulier et qui peut varier d’une personne à l’autre. La soif, les menstruations, un jeûne prolongé, du stress et bien d’autres raisons encore peuvent expliquer l’apparition des symptômes. Certaines mesures peuvent être prises pour essayer de se soulager. La prise d’un antidouleur dès que l’on sent les premiers signes va atténuer les symptômes. Le paracétamol peut être utilisé, de même que l’ibuprofène qui présente l’avantage de lutter contre l’inflammation. Votre pharmacien pourra vous renseigner sur les contre-indications et effets secondaires liés à la prise de ces médicaments. D’autres molécules comme les triptans peuvent être utilisées lorsque les premiers traitements ne donnent pas les résultats escomptés, mais dans ce cas, une ordonnance médicale sera nécessaire. De plus, du repos, une bonne hydratation, l’application de froid sur la zone douloureuse ou un massage du crâne et de la nuque (essayez avec de l’essence de menthe ou de lavande) pourront vous soulager.

Dans certains cas, un mal de tête soudain et violent doit vous inciter à consulter un médecin. C’est le cas notamment en cas de fièvre, de raideur de la nuque ou de l’apparition d’un état de confusion. On sera également vigilent si les épisodes douloureux tendent à se répéter souvent ou que les antidouleurs classiques ne suffisent pas à atténuer le problème. Un mal de tête qui persiste chez un enfant dont l’état semble se détériorer devra aussi faire l’objet d’une consultation rapide. En cas de doute, nous vous renseignons volontiers.

Bonne fin de semaine

Did

Un patch qui injecte de l’insuline

août 21st, 2015 par Did

La recherche avance dans le domaine du diabète. Des chercheurs ont testé sur des souris un patch intelligent capable de détecter les variations de sucre dans le sang et d’injecter au besoin et sans douleur la dose d’insuline nécessaire. Ces essais se sont révélés concluants. Cela ouvre des perspectives pour les diabétiques de type I (insulino-dépendants) ou pour certains diabétiques de type II qui n’auraient alors plus besoin de procéder à de fastidieuses injections quotidiennes. Tout se ferait automatiquement.

Ce patch transdermique révolutionnaire est de la taille d’une pièce de 5 centimes. Il est recouvert d’une centaine de micro-aiguilles ayant chacune la taille d’un cil. Ces micro-aiguilles sont dotées de minuscules réservoirs contenant des enzymes sensibles au glucose ainsi que de l’insuline. Celle-ci est injectée à travers la peau si les taux de sucre sanguin augmentent trop. De plus, le système peut être personnalisé afin de prendre en compte le poids du patient ou sa sensibilité à l’insuline. Les doses injectées peuvent ainsi être calibrée en fonction du malade. On le disait, les premiers essais sur les souris ont été un succès puisque le système a permis d’abaisser leur glycémie sanguine pendant 9 heures consécutives. Bien entendu. d’autres tests seront effectués ces prochains mois et l’utilisation chez l’humain ne se fera pas immédiatement, mais on peut se féliciter de ce genre d’avancées d’une manière générale. Les diabétiques subissent des traitements lourds et un tel procédé permettrait d’améliorer sensiblement leur qualité de vie.

Bonne fin de semaine

Did

Répartition des coûts de la santé pour la Suisse

août 14th, 2015 par Did

Cette semaine, allons-y pour un peu de démystification.

Il y a encore 20 ou 30 ans, la pharmacie de quartier était une entreprise rentable et le pharmacien avait la réputation de bien gagner sa vie. Cette réputation perdure encore aujourd’hui, et, si il est vrai que peu de pharmaciens pointent au chômage, la donne a passablement changé. A l’heure actuelle, bon nombre de petites pharmacies peinent à trouver un second souffle face à des pressions de plus en plus contraignantes. Pressions des grandes chaînes qui peuvent se permettre une politique des prix agressive sur laquelle une pharmacie isolée ne peut s’aligner. Pressions sur les marges sur les médicaments qui ne cessent de se réduire. Bien sûr, les médicaments restent souvent chers. Mais quel est le revenu réel du pharmacien sur un emballage d’injections à 900 francs ? Environ 80 francs. Sur un emballage de comprimés contre l’hypercholestérolémie à 200 francs ? Environ 30 francs. Sur un emballage de Dafalgan ? Ici, le prix peut varier d’une enseigne à l’autre. La marge sera comprise entre 40 et 50%. Cela semble beaucoup, mais le Dafalgan coûte entre 2fr50 et 3 francs. Entre 1 franc et 1fr50 de marge par emballage, il faudra en vendre beaucoup pour faire tourner la boutique. Il est donc demandé aux pharmacies beaucoup d’efforts pour participer à une limitation des coûts de la santé. C’est oublier un peu vite que les dépenses de santé liées à l’achat de médicaments ne pèsent que 8 à 9% des coûts de santé totaux à l’échelle nationale (chiffres de l’Office fédéral de la Statistique, 2011). Et ces dépenses sont stables, voire en diminution, par rapport aux années 90. Et puis, c’est oublier également que la pharmacie de proximité participe aux réductions des coûts d’une manière indirecte : lorsqu’un patient vient chez nous pour un conseil ou un petit bobo, il reçoit conseils et soins de manière gratuite et évite de ce fait une consultation médicale coûteuse et souvent inutile. Par comparaison d’ailleurs, les coûts liés aux visites chez le médecin (dentistes inclus), sont de l’ordre de 23% des dépenses de santé totales en 2011. La palme, en matière de coût, revient cependant, vous l’aviez sans doute deviné, aux hôpitaux avec 36%. Les établissements médicaux-sociaux représentent une part également importante avec 17%. De quoi réfléchir sur l’impact des uns et des autres…N’hésitez pas à donner vos impressions sur le sujet.

Bonne fin de semaine

Did

La manœuvre de Heimlich

août 6th, 2015 par Did

Une personne porte les mains à sa gorge. Elle semble manquer d’air, ne parvient plus à parler et semble en détresse. Vous comprenez rapidement qu’elle est en train de s’étouffer. Peut-être allez-vous avoir recours à la manœuvre de Heimlich. Cette manipulation permet d’extraire le corps étranger de la gorge du patient et peut potentiellement lui sauver la vie. Encore faut-il savoir pratiquer les bons gestes, mais également savoir quand NE PAS les pratiquer.

Si la personne est capable de tousser ou de cracher ou si elle émet des sons, il ne faut PAS intervenir. En agissant trop tôt, on risque en effet d’aggraver la situation. Ce n’est que lorsque la personne n’est plus capable d’émettre un son et que tousser ne suffit visiblement pas que la manœuvre peut être tentée.

Le lien suivant indique les gestes à faire dans le cas d’un adulte ou d’un enfant de plus de 1 an. : YouTube

Celui-ci vous montre comment agir avec un nourrisson de 0 à 1 an : YouTube

Enfin, si vous vous étouffez tout seul et que personne n’est là (sisi, ça peut arriver), la stratégie à adopter est la même que pour un adulte. Placez vos mains comme indiqué sur la petite vidéo et penchez-vous sur un rebord de table afin d’accroître la force au moment d’appuyer d’un coup sec sur l’estomac. A noter que tous ces gestes peuvent être effectués sur une personne inconsciente. Les chances de réussite augmentent d’ailleurs car alors, la personne ne résiste plus. Par contre dans ce cas, il faudra rapidement appeler les urgences.

Bonne fin de semaine

Did

le monde devient myope

juillet 29th, 2015 par Did

Une personne sur quatre dans le monde voit flou. En Europe, chez les 25-29 ans, c’est presque un individu sur deux qui est atteint de myopie. A Singapour, on atteint le chiffre effarant de 82% de myopes parmi les jeunes. Ces chiffres, qui n’ont jamais été aussi élevés, continuent d’augmenter. Et non seulement le nombre de myopes augmente, mais les myopies sont également de plus en plus fortes, ce qui est presque plus grave. En effet, au-delà d’un certain niveau de myopie, le risque augmente de développer des complications visuelles telles que glaucome, rétinopathies…pouvant conduire à la cécité si elles sont mal soignées.

Comment expliquer une telle épidémie ? Les spécialistes semblent au moins d’accord sur un point : les changements de nos modes de vie ces dernières décennies sont principalement incriminés. Et plus particulièrement, le fait que les enfants passent de moins en moins de temps dehors. La multiplication des écrans (télévision, ordinateur…) est une hypothèse qui est prise en compte, mais elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur du phénomène. Par contre, toutes les études convergent pour dire qu’un manque d’exposition à la lumière du jour pendant l’enfance augmente les risques de développer une myopie. Physiologiquement, des explications existent : la dopamine est une molécule présente dans notre cerveau où elle remplit différentes fonctions. Elle est également présente dans notre oeil au niveau de la rétine. Là, elle agit en freinant la croissance de l’oeil. Du coup, si on manque de dopamine, l’oeil aura tendance à s’allonger davantage, provoquant de la myopie. Or, on sait que la fabrication de dopamine varie en fonction de notre exposition à la lumière solaire : plus on est exposé, plus on fabrique de dopamine. Moins on est exposé, moins on fabrique de dopamine et donc, plus on risque d’avoir un oeil trop long et donc…de devenir myope. La croissance de l’oeil se faisant pendant l’enfance, on comprend l’importance d’une exposition régulière à la lumière du jour durant cette période de notre vie. Jouez régulièrement en plein air, et vous diminuez drastiquement le risque de développer une myopie. D’autres facteurs pourraient également jouer un rôle mais les chercheurs sont pour l’heure moins convaincus : manque de vitamine D (elle aussi liée à un manque d’exposition à la lumière du jour), prévalences génétiques, ou encore trop de temps passé à regarder de près…

Heureusement, de nouvelles pistes apparaissent pour traiter ce fléau. Des lentilles à appliquer pendant la nuit et permettant un léger et temporaire remodelage de l’oeil permettraient de se passer de lunettes pendant la journée. Des lampes fortement éclairantes pourraient prévenir la myopie, si toutefois on arrivait à démontrer leur efficacité, ce qui n’est pas encore le cas. Des gouttes oculaires à base d’atropine pourraient freiner la progression de la myopie, tout comme certains verres à double foyer. Enfin, des lasers permettant d’opérer de manière encore plus précise que ce qui se fait actuellement pourraient voir le jour dans les années qui viennent. Tout ceci cependant n’en est qu’au stade de la recherche. En attendant, nous savons maintenant ce qu’il nous reste à faire : sortir à la lumière.

Bonne semaine

Did