Une allergie, ça se déclenche comment ?

Le déclenchement d’une allergie se fait toujours en temps. Lors de la première exposition à un allergène, notre organisme synthétise des anticorps spécifiques à celui-ci. L’allergène peut être défini comme un composé étranger contre lequel notre organisme va se défendre. Il peut s’agir par exemple des pollens ou de certains aliments. A la première exposition, cependant, il n’y a aucune réaction physiologique. En quelque sorte, ce premier contact ne sert qu’à apprendre à reconnaître l’ennemi. En revanche, à la seconde exposition, les choses sont différentes : les anticorps fabriqués la première fois vont réagir et entrer en contact avec l’allergène. Par un mécanisme en cascade, cela conduit à la production d’histamine. Cette molécule est bien connue puisqu’elle est responsable des symptômes de l’allergie : rougeur, démangeaisons, larmoiements, œdème…L’intensité de la réaction est fonction de la quantité d’histamine produite. Dans les cas où elle est libérée massivement, cela peut conduire à des réactions graves telles que la crise d’asthme aiguë, l’oedème de Quincke ou encore le choc anaphylactique. Dans ce dernier cas, l’injection d’adrénaline est nécessaire afin de soutenir les fonctions cardio-vasculaires. L’histamine provoque en effet une dilatation des vaisseaux sanguins ce qui peut provoquer une forte chute de tension. On a déjà parlé de la manière d’utiliser un auto-piqueur d’adrénaline (billet du 16 mai 2014). Il est important de démystifier son utilisation : dans le doute, mieux vaut piquer inutilement que ne rien faire. Personne ne décède d’une injection d’adrénaline dans la cuisse, même si il s’avère ensuite qu’elle n’était pas nécessaire. Egalement, si les symptômes ne s’améliorent pas dans les 5 à 15 minutes qui suivent l’injection, il ne faut pas hésiter à procéder à une seconde piqûre. Le patient doit ensuite être pris en charge le plus rapidement possible par un service médical. Lorsque les symptômes sont moins violents, c’est-à-dire la plupart du temps heureusement, la prise d’un antihistaminique permet souvent d’atténuer les symptômes. En cas d’asthme, un bronchodilatateur peut être utilisé. La cortisone peut être aussi utilisée, mais il faut se souvenir qu’elle n’est pas efficace rapidement. Son mode d’action ne lui permet d’agir qu’après un délai long. Elle n’a donc pas sa place dans le traitement d’une réaction allergique d’urgence.

En complément à cet article, voyez le billet du 4 mai 2012 sur l’histamine.

Bonne fin de semaine

Did

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