Antitussifs : du bon et du moins bon

Schématiquement, les remèdes contre la toux peuvent être divisés en deux catégories : ceux agissant contre la toux grasse et ceux agissant contre la toux sèche. Les premiers permettent une fluidification des mucosités encombrant les voies respiratoires ce qui rend leur évacuation plus facile. Avec les bronches libérées, la toux s’apaise. Les second combattent la toux irritative en diminuant ce réflexe naturel. Or, que ce soit pour une toux ou une autre, des dizaines de produits existent sur le marché et il est parfois difficile de s’y retrouver, d’autant que les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. C’est du moins ce qu’a démontré une étude parue en novembre 2015 et menée par le magasine français « 60 millions de consommateurs ». Sur 37 médicaments destinés à combattre la toux, on a évalué notamment le rapport bénéfice/risque de la molécule, c’est-à-dire qu’on s’est posé la question de savoir si les effets contre la toux étaient suffisants par rapport aux effets indésirables encourus. Les spécialistes ont également relevé les ingrédients à risques de chaque formulation en tenant compte des excipients (substances non actives pharmacologiquement mais présentes dans la préparation). La conclusion est simple : parmi les remède contre la toux grasse, aucun n’a présenté un réel effet thérapeutique. Tout au moins, la démonstration d’une réelle efficacité n’a pas été faite. Quant aux préparations pour la toux sèche, seules cinq d’entre elles ont été jugées positivement, tandis que cinq autres devraient être évitées. Entre les deux, une dizaines de médicaments n’ont pas démontré de réel effet, sans toutefois provoquer d’effets secondaires notables.

Que faut-il en penser ? Concernant les préparations pour la toux grasse, le débat n’est pas nouveau. Les molécules utilisées sont destinées à augmenter la fluidité du mucus afin d’en faciliter l’expectoration. Si l’effet est controversé, ces médicaments ne présentent pour ainsi dire pas d’effets secondaires et peuvent être administrés sans autre risque, même chez le jeune enfant. Pour les préparations contre la toux sèche, des sous-catégories existent : les sirops homéopathiques Stodal et Drosetux qui ont été testés n’ont pas démontré d’efficacité. D’autres molécules comme l’oxomémazine (Toplexil) sont quant à elles, déconseillées. Beaucoup d’antitussifs sont à base d’opiacées comme la codéine ou de dérivés d’opiacées. Ces derniers ont des effets contre la toux sèche indiscutables, mais présentent également des effets secondaires qui doivent inciter à la prudence, comme la somnolence. Voir à ce sujet le billet du 18 décembre 2015 consacré à la codéine. Selon l’étude qui nous intéresse, c’est un dérivé opiacé qui devrait être privilégié : le dextrométorphane semble en effet agir avec une certaine efficacité tout en ne présentant pas (trop) d’effets indésirables (la somnolence restant toujours possible).

Pas de découragement cependant, car d’autres alternatives existent : le jus de rave (voyez le billet du 7 février 2014) ou le sirop de sureau pour la toux sèche ; les inhalations de vapeur d’eau chaude pour la toux grasse. L’expérience de nos grands-parents semble montrer que ces vieux remèdes ne fonctionnent pas si mal.

Bonne fin de semaine

Did

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