La résistance aux antibiotiques, c’est pas automatique

On en a déjà discuté ici, la résistance aux antibiotiques est un souci récurrent dans le monde médical. Or, une bonne nouvelle semble se profiler : la résistance bactérienne serait réversible. Ainsi, si l’on prend le cas particulier du staphylocoque doré, on constate que sa résistance à la méticilline (un antibiotique de la famille des pénicillines) a fortement diminué depuis 20 ans.  Plus largement, l’efficacité des antibiotiques contre cette bactérie coriace était de 70% il y a 20 ans, contre près de 90% aujourd’hui. Conclusion : la résistance bactérienne peut être vaincue, et cela par des moyens simples. En vérité, le salut réside dans la mise en place de bonnes pratiques d’utilisation des antibiotiques : meilleures prescriptions, meilleure hygiène dans les établissements de soins et dans la population. Car les bactéries ne deviennent pas une fois pour toutes résistantes. Elles ne le restent que si on les maintient sous pression, par exemple si on les soumet à des doses massives d’antibiotiques. Une utilisation plus parcimonieuse conduit donc la bactérie à relâcher, en quelque sorte, sa vigilance : elle redevient sensible à l’antibiotique. C’est ce mécanisme qui est à l’oeuvre dans le cas du staphylocoque doré. Mettre en place de bonnes pratiques d’utilisation revient au final à n’utiliser l’antibiotique que quand il est nécessaire. Or, aujourd’hui encore, on estime que 30% des antibiotiques prescrits en ville le sont…pour des infections virales sur lesquelles ils n’ont aucun effet.

Les preuves existent qu’il est possible de gagner le combat contre les bactéries multirésistantes et que nos vieux antibiotiques pourraient fonctionner encore longtemps. En revanche, cela ne sera possible que par une prise de conscience de tous (professionnels de santé, mais aussi patients et politiques).

Bonne fin de semaine

Did

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