Somnifères : des bénéfices et des risques

Les troubles du sommeil touchent une partie importante de la population. Le recours aux médicaments pour « mieux » dormir est donc fréquent. Cela concerne les remèdes naturels tels que par exemple les préparations à base de plantes (valériane, passiflore, houblon, fleur d’oranger…), les fleurs de Bach ou l’homéopathie. Cela concerne également les médicaments plus « chimiques » comme les benzodiazépines, qui ont aussi d’autres utilisations, et les substances qui leur sont apparentées (zolpidem ou zopiclone). D’autres classes de médicaments peuvent aussi être utilisées selon les cas : certains antidépresseurs, lorsque l’insomnie a une origine dépressive, ou certains antihistaminiques agissent aussi contre les troubles du sommeil. Les benzodiazépines, le zolpidem et la zopiclone agissent toutes en diminuant l’activité des neurones dans le cerveau. Ainsi, les neurones impliqués dans les processus d’éveil se trouvent ralentis, voire carrément mis hors service. Cela permet de favoriser l’endormissement et le maintient du sommeil. Quant aux antihistaminiques, on utilise un de leurs effets secondaires qui est de provoquer de la somnolence.

Les somnifères sont largement utilisés dans nos régions. A coup de millions d’emballages vendus chaque année. Pourtant, si ils sont une béquille parfois nécessaire pendant un temps limité, les somnifères ne devraient pas être utilisés plus de quelques semaines consécutives. Une utilisation à long terme est susceptible de provoquer une dépendance dont il sera ensuite de plus en plus difficile de se défaire. Or, dans la réalité, les chiffres montrent que l’on a recours à ces médicaments pendant bien trop longtemps. Parfois plusieurs mois, voire plusieurs années. Plus d’un patient sur deux prenant des somnifères les utilisera pendant plus de 2 ans. On voit donc que loin d’être des béquilles passagères aidant à surmonter un cap difficile, ces molécules deviennent plus souvent qu’à leur tour des prothèses qui accompagnent le patient durant de nombreuses années. Quelles solutions proposer ? De fait, il existe pour traiter les troubles du sommeil certaines alternatives qui parfois donnent de bons résultats. Les thérapies cognitives et comportementales, l’acupuncture, la kinésiologie…Ces médecines parallèles ont au moins le mérite de tenter de mettre en évidence les causes du problème (stress, anxiété…) et d’essayer de les résoudre. Evidemment, ces démarches sont couteuses en temps et en énergie. Elles nécessitent un réel investissement du patient. En plus, elles ne sont pas gratuites. Le médicament est une solution plus facile d’accès et l’idée n’est pas de dire que c’est mal. Simplement, ces molécules sont faites, avec les effets secondaires qu’on leur connait, pour être utilisées sur une courte période. Au-delà, on s’expose à des risques d’effets secondaires (dépendance) et il s’agit d’une mauvaise utilisation du produit. On devrait alors essayer de guérir les causes du trouble à l’aide d’autres méthodes. Pas facile, il est vrai.

Bonne fin de semaine

Did

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